Nouvelles toutes fraîches !

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GAZETTE PLUS 2018

Nous avons distribué la GAZETTE PLUS 2018 dans chaque boites à lettres de notre commune avec le plus grand soin ! Elle est aussi disponible en ligne, en cliquant ici ! (La GAZETTE PLUS 2017 est disponible en cliquant ici !)

La GAZETTE PLUS 2018 présente les investissements réalisés pendant les cinq dernières années ainsi que deux projets envisagés par notre municipalité pour 2018 (« Du goudron à Loulette !? ») et 2019 (« Refaire la place de l’Église… à l’identique ? »).

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Actualisation et enrichissement par des liens hypertextes de l’article « Du goudron à Loulette !? », au 25 août 2018

Un ancien chemin rural traditionnel est menacé de destruction pour la réalisation d’une route et d’un parking bétonnés et goudronnés.

Un chemin au caractère patrimonial manifeste

Le chemin de Loulette est un chemin en creux traditionnel situé entre la dernière maison du tissu urbain et un muret en élévation en pierre sèche qui limitait l’accès (notamment pour les animaux domestiques) aux parcelles en terrasses situées entre le chemin et le ruisseau.

Les accès aux parcelles se faisaient par des passages interrompant le mur avec encadrements de portes ou portillons. Il avait indubitablement un caractère patrimonial correspondant à une typologie traditionnelle des aires de circulation appelées trencats (tranchés) faisant aussi partie des aménagements hydrauliques. Ce chemin débouche sur le ruisseau et le franchit dans un contexte d’aménagements remarquables et bien conservés. Il arrive sur un tancat en voûte en parfait état qui soutient un atterrissement ayant permis le franchissement du ruisseau à gué. Ce ruisseau a été canalisé dans une robina constituée de murs parallèles délimitant l’écoulement des eaux et protégeant les terrasses aménagées de part et d’autre. Cet ensemble montre très bien comment le ruisseau a été aménagé, y compris dans le tracé de son cours qui a été dévié de manière à édifier puis à préserver une parcelle cultivable de grande superficie (à l’échelle locale) et arrosable. Cette parcelle conserve son mur d’enclos en pierre avec sa porte encore intacte.

Ces dispositifs d’aménagement du ruisseau ont manifestement un caractère patrimonial remarquable.

Une enquête publique a été réalisée en 2011, le commissaire enquêteur écrit à la page 8 de son rapport :

« le site présente un caractère cévenol exemplaire avec ses murets de pierre bordant les jardins en terrasse entre lesquels se faufile le chemin creux qui mène à la rivière et qui était autrefois souvent emprunté. La collectivité ne tirerait-elle pas bénéfice à restaurer dans la tradition cet ensemble terrasses-chemin qui redonnerait du caractère au quartier et apporterait une plus value patrimoniale et touristique au village ? »

Elle recommande dans ses conclusions de « trouver le bon dimensionnement du projet de manière à réaliser un projet utile tout en mettant en valeur le caractère patrimonial de l’ensemble chemin-murets-terrasses, typiques des villages cévenols ».

Saint-André-de-Valborgne se trouve depuis 2011 dans le périmètre du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2011 pour le paysage culturel de l’agro-pastoralisme méditerranéen des Causses et des Cévennes. Mais notre commune pourrait être retirée de ce périmètre si elle ne conserve pas son patrimoine. Le rapport périodique de l’UNESCO de 2014 souligne page 14 dans la partie Commentaires, conclusions et/ou recommandations concernant le statut de patrimoine mondial que « Les élus se mobilisent sur la conservation du patrimoine ». En effet, si les élus ne respectent pas le patrimoine dans les actions qu’elles entreprennent, le patrimoine perdra son authenticité petit à petit, au fil des travaux réalisés.

La commune de Saint-André-de-Valborgne a adhéré au Parc national des Cévennes (dit « PNC » ci-après). Elle ne se trouve pas dans le zone dite « coeur » du PNC mais dans l’aire d’adhésion néanmoins, ce qui signifie qu’elle n’est pas contrainte par la réglementation du PNC et cela est expressément relevé dans le rapport périodique de l’UNESCO qui considère que le patrimoine n’est donc pas protégé par la réglementation. Néanmoins la commune doit moralement respecter les orientations du PNC. La Charte du PNC, page 149, indique que les communes adhérentes doivent : « 1. soutenir une démarche de sensibilisation imprégnée du bien-fondé du maintien de ces paysages [construits en pierre sèche], de cette technique de maçonnerie et de ce type d’ouvrage, / 2. inventorier son patrimoine en pierre sèche, assurer la préservation et la promotion de leurs paysages et des ouvrages en pierre sèche essentiels à la gestion de l’eau et des sols, garantir la promotion de ces pratiques artisanales et agricoles, […] ».

Des travaux lourds et irréversibles

La mairie envisageait depuis plusieurs années et sans précisions d’aménager le chemin de Loulette, évoquant un simple passage pour les poussettes ou encore une route pour les voitures. Le projet restait indéfini et en suspend parce que la dernière parcelle nécessaire au projet était indisponible.

Cette année – au mois de mai 2018, la municipalité pu acheter ladite parcelle manquante et sélectionnait un entrepreneur en lui donnant les indications techniques suivantes, affichées en mairie :

430 m³ de remblais

345 tonnes de béton concassé

565 m² de goudron

pour 27 690,00 € HT soit 33 228,00 € TTC

hors coût de réparation des murs de soutènement actuels en pierre sèche

s’ils cèdent sous la charge nouvelle imposée à leur ingénieux équilibre

Ces travaux impliquent la destruction des lieux existants pour construire une route et un parking. Les associations nationales renommées Maisons Paysannes de France et les Artisans Bâtisseurs en Pierres Sèches ont rendu des avis négatifs sur ce projet d’aménagement.

L’absence criante d’intérêt public

Lors de la séance de conseil municipal de mai 2018, la majorité municipale invoquait que les baigneurs de Loulette et l’un des groupes de chasseurs avaient besoin d’un parking à cet endroit précis. Mais ces arguments sont faux :

La mairie n’évoquait pas que, par déclaration d’utilité publique datant de 2013 – à laquelle se rattache l’enquête publique précitée, la Sous-Préfecture du Vigan avait établi qu’il relève de l’utilité publique d’élargir le chemin de Loulette pour d’une part rétablir la liaison avec le quartier de Vignelongue et d’autre part redonner un accès au jardin de monsieur Beltram. Cela est tout à fait possible sans détruire le chemin de Loulette.

La restauration du mur en pierres sèches et l’élargissement du passage le plus étroit avec reconstruction du mur à l’identique coûterait moins de 33 000 € à la commune, nous assure l’association des Artisans Bâtisseurs en Pierres Sèches (ABPS).

L’équilibre de ces lieux seraient préservés.

Et ces anciens jardins

pourraient redevenir des jardins – communaux,

à légumes et/ou à fleurs, avec des bancs.

Dès lors, pourquoi et pour qui la mairie veut-elle construire une route et un parking ?

Des travaux prévus pour septembre 2018

Le commencement des travaux avait été ordonné par la mairie pour juin 2018. Habitants et élus se sont opposés physiquement au commencement des travaux pendant deux jours (en étant notamment présents le 20 juin à 5h du matin lorsque le maire et l’entrepreneur sont venus pour mettre l’engin de chantier sur le chemin de Loulette) puis, pour différentes raisons, les travaux ont été temporairement suspendus pendant l’été. Mais la mairie a commencé à déposer du remblais et elle a ordonné leur exécution pour la première semaine de septembre 2018.

Le tribunal administratif a été saisi en juin pour qu’il prononce la suspension des travaux dans l’attente de leur annulation, le référé-suspension a été rejeté pour défaut d’urgence à deux reprises et le recours au fond est toujours en cours d’instruction. Il a été fait appel devant le Conseil d’Etat mais les délais de jugement tant du référé en appel que du recours au fond amèneront le juge à n’apprécier la légalité des travaux que dans un an et demi. Dans l’attente, la municipalité entend commencer les travaux dans une quinzaine de jours.

Des acteurs institutionnels muets


La Police de l’Eau et Natura 2000, informées que la municipalité refuse de respecter la réglementation en vigueur notamment tenant aux procédures à respecter, nous ont indiqué qu’elles vont diligenter une visite de contrôle et prendre les décisions administratives et judiciaires conséquentes. Toutefois, à ce jour :

  • La Sous-Préfecture du Vigan comme la Préfecture du Gard ont été sollicitées en tout premier lieu et restent silencieuses.
  • Le ministère de la Culture, sollicité pour que l’Etat français respecte ses engagements sur la conservation du patrimoine mondial de l’UNESCO, a saisi la DRAC Occitanie mais nous n’avons pas obtenu de réaction.
  • Les Architectes des Bâtiments de France nous ont indiqué qu’ils ne pouvaient rien faire.
  • Le Département du Gard, sollicité au regard de ses compétences en matière d’aménagement (aménagement foncier, gestion de l’eau et de la voirie rurale), culturelle (protection du patrimoine) et touristique, n’a pas donné de réponse.
  • Le Parc national des Cévennes nous ont donné quelques éléments d’information sur les engagements moraux qui incombent à notre commune mais ne pouvaient pas faire plus.