Parler de « vraie démocratie » est en démasquer une fausse.

« Le tirage au sort, qui est la procédure démocratique par laquelle un peuple d'égaux décide de la distribution des places [...] paraît à nos « démocraties » contraire à tout principe sérieux de sélection des gouvernants, c’est que nous avons ou­blié en même temps ce que dé­mo­cratie vou­lait dire et quel type de « nature » le ti­rage au sort voulait contrarier. [...] C'est que le tirage au sort était le remède à un mal à la fois bien plus plus grave et bien plus pro­bable que le gou­ver­ne­ment des in­com­pé­tents : le gou­ver­ne­ment d'une certaine com­pé­tence, celle des hommes ha­biles à prendre le pou­voir par la brigue. Le ti­rage au sort a depuis lors fait l'objet d'un formidable travail d'oubli. » — Jacques Rancière, La haine de la démocratie

               Jusque dans les petites communes telles que la nôtre, quelques-uns (oligos) commandent (arkhè) ; par définition, nous mettons en place des oligarchies – des oligarchies élues.
Et déguisées ! En effet, « démocratie » n’est pas synonyme de « gouvernement représentatif », pouvoir « gouvernemental » n’est pas synonyme de pouvoir « exécutif »
Alors que, n’en déplaise, dans une vraie démocratie, c’est le peuple (demos) qui gouverne (cratos) : chacun a une égale chance de participer à la vie politique.

               Dans l’objectif de ne pas réinstituer une oligarchie locale et de laisser la place à un fonctionnement démocratique tel que le peuple le définira, un tirage au sort fut effectué le samedi 1 mars 2014 dans notre commune. Six jours plus tard, nous déposions une liste de 5 tirés au sort volontaires pour être les coursiers du peuple, ses exécutants (et non ses gouvernants).
4 d’entre eux furent élus.

« La transition, on ne la programme pas, donc, on la fait. […] Il faut creuser dans le présent pour engendrer un futur. » — Jean-Paul Jouary